mercredi 9 mai 2012

Un mariage chinois


A Huixian, j’ai découvert que Pékin pouvait en fait faire figure de ville très développée. Là-bas, l’éclairage public laisse à désirer, les trottoirs ne sont pas toujours goudronnés, les détritus volent au gré du vent, pas d’immeubles, rues désertes dès 20h, pas de bus publics, beaucoup d’enfants traînant dans la rue (Pékin n’est pas une ville d’enfants), des bébés avec le fameux pantalon fendu (开裆裤), les hommes se baladant le ventre à l’air, mais surtout la poussière et la grisaille générée par les chantiers. Ici, la Chine se développe encore.
 
Voeux aux mariés à l'entrée de leur immeuble
Le mariage était très étonnant, on se serait cru sur un plateau télévisé. Il y avait un côté occidental, le mariage chrétien ayant été adapté aux critères chinois, avec animateur (!) dans le rôle du prêtre, robe blanche et chansons d’amour américaines. Heureusement, il restait certains aspects du mariage traditionnel : les incontournables feux d’artifices, le verre d’alcool partagé (交杯酒), la cérémonie « d’acceptation de la nouvelle famille », les hongbaos (enveloppe rouge dans laquelle on met l’argent destiné aux mariés). J’ai même dû faire un petit discours en chinois devant 200 personnes…
Arrivée des mariés et feux d'artifices
Les mariés et leurs parents (avec la grue de la caméra!)
Spécialités chinoises


mardi 8 mai 2012

Gare de l'Ouest


Mon amie chinoise se marie!!! A cette occasion, je me suis rendue dans sa ville natale, un "village" (900 000 habitants) de la province du Henan. C’était l’occasion de sortir un peu de Pékin et de faire connaissance avec une autre Chine. Rien que le trajet depuis la gare de l’Ouest (la plus grande gare d’Asie !) jusqu’à Huixian a été très enrichissant. Voir autant de personnes différentes dans un même lieu rappelle la diversité de la Chine. De tout le voyage, je n’ai pas croisé un seul étranger. Autant dire que dans le train, j’étais la véritable attraction ! Les parents voulaient que leurs enfants profitent de l’occasion pour utiliser les quelques phrases d’anglais apprises à l’école et les étudiants étaient ravis de pouvoir pratiquer. Ils m’ont dit que c’était la première fois qu’ils avaient la possibilité de parler à un étranger. A Huixian, j’ai découvert que Pékin pouvait en fait faire figure de ville très développée. Là-bas, l’éclairage public laisse à désirer, les trottoirs ne sont pas toujours goudronnés, les détritus volent au gré du vent, pas d’immeubles, rues désertes dès 20h, pas de bus publics, beaucoup d’enfants traînant dans la rue (Pékin n’est pas une ville d’enfants), des bébés avec le fameux pantalon fendu (开裆裤), les hommes se baladant le ventre à l’air, mais surtout la poussière et la grisaille générée par les chantiers. Ici, la Chine se développe encore.

La Gare de l'Ouest à Pékin

samedi 5 mai 2012

Le mausolée de Mao et Qianmen

Le fameux proverbe "en avril ne te découvre pas d'un fil, en mai fais ce qu'il te plaît" semble se vérifier également en Chine. Depuis le début du mois, il fait beau, chaud et une petite brise vient rafraîchir l'atmosphère - c'est parfait pour une excursion à la place Tiananmen. Ce n'est évidemment pas la première fois que je m'y rends, mais je n'ai pas encore visité le sud de l'immense place, là où se trouve le mausolée de Mao Zedong et les quartiers historiques de Qianmen.

Mausolée de Mao Zedong
Voir la dépouille embaumée du Grand Timonier ne se fait pas sans respecter quelques règles.
Monument aux Héros du
Il faut d'abord déposer ses affaires aux vestiaires situés sur les côtés de la place, puis se soumettre au contrôle de sécurité qui permet d'y entrer. Ensuite, il faut faire la queue pour entrer dans l'enceinte du mausolée, puis passer un deuxième contrôle de sécurité et enfin pénétrer dans l'imposant bâtiment. Des panneaux imposent le silence et interdisent de prendre des photos.


Porte Zhengyan



Divisé en deux colonnes, le flot de visiteurs passe silencieusement de chaque côté de la cage de verre où repose Mao puis ressort face à la porte Zhengyan. Le tout ne prend pas plus de 30 minutes, contrairement à ce qu'annoncent les guides (peut-être que j'ai eu la chance de tomber sur un jour de petite affluence). Contrairement à ce que disent les guides aussi, les Chinois ne m'avaient pas l'air spécialement émus à la vue du père fondateur de la République populaire.





En face du mausolée se trouve la porte Zhengyan, construite une première fois en 1414 puis reconstruite après l'invasion de l'Alliance des huit nations à la fin du 19e siècle. Partie intégrante des murs entourant Pékin, elle marquait l'entrée sud de la cité. Elle est également appelée Qianmen, la porte de devant.






Porte Jianlou



Une centaine de mètres plus au sud se dresse la porte des Archers, autre porte défensive construite pour renforcer la première. Jianlou est parfois également appelée Qianmen. Dans la confusion générale, tout le quartier au sud de la place Tiananmen a finalement pris le nom de Qianmen.








 
Entrée de Qianmen Dajie


Le quartier abritait à l'époque plusieurs hutongs très actifs, où commerçants et artisans échangeaient leur marchandises. Rénovée à l'occasion des Jeux Olympiques, cette rue de 840 mètres de long est maintenant une espèce de Disneyland où toutes les grandes marques occidentales ont ouvert une succursale. Néanmoins, il fait bon se promener dans cette rue piétonne et de découvrir ruelles parallèles, bondées mais bien plus authentiques.

vendredi 27 avril 2012

Bell and Drum towers 鼓楼和钟楼

Les Chinois ont plusieurs jours de congé pour la fête du premier mai. Il paraît que c'est une période pendant laquelle la capitale est envahie de touristes et qu'il ne faut surtout pas sortir de chez soi. Je pars donc visiter deux tours historiques de Pékin avant que ce soit la cohue.

Vue sur la tour du Tambour
La tour de la Cloche et la tour du Tambour sont situées directement au nord de la Cité interdite. Imposantes constructions issues du passé, elles dominent la capitale de leurs presque 50 mètres. Ces tours portent le nom de deux instruments de musique populaires en Chine, qui servirent peu à peu à annoncer l'heure. Pièces maîtresse du système de mesure du temps pendant les dynasties Yuan, Ming et Qing, les deux tours étaient indispensables à la vie de la cité.
Tour de la Cloche









La tour de la Cloche fut construite une première fois en 1272, puis ayant été plusieurs fois la proie des flammes, elle fut rebâtie en pierre en 1745. La cloche qui lui donne son nom pèse 63 tonnes.




Démonstration dans la tour du Tambour




Également construite en 1272, la tour du Tambour marquait le centre de l'ancienne capitale mongole. Elle fut elle aussi détruite par des incendies, reconstruite puis redétruite jusqu'à un grand projet de rénovation dans les années 80. A l'intérieure, le visiteur peut admirer les différents instruments qui servaient alors à mesurer le temps: encens, clepsydre, bougie, cadran solaire, etc.







La balade se termine avec un petit tour à Houhai, quartier portant le nom du lac qui s'y trouve. Le lac Houhai fait partie d'un ensemble de 147 hectares d'eau situés au nord-ouest de la Cité interdite. Il marquait la fin du canal reliant Pékin à Hangzhou (plus de 1000km) au 13e siècle.

Canal entre les différents lacs

Lac Houhai

lundi 16 avril 2012

Cherry blossoms in Seoul

CBD et drapeau coréen
Dernière journée à Séoul. La matinée est dédiée à la visite de l'université où étudient nos amies. Nous nous rendons ensuite à Yeouido, une île située au milieu de la rivière Han, étonnante fusion de centre financier et de lieu de détente. Les tours de verre entourent en effet un grand parc, espace vert divisé en forêt, jardin traditionnel et aire de jeux. Les cerisiers en fleur se détachent contre le vert sombre des pins.

Des jardins bien proprets







Au bout du parc, la rivière Han et une belle promenade également bordée de cerisiers en fleur. Une grande esplanade a été aménagée et Coréens de tous âges viennent y profiter du soleil printanier.












On se dit que le retour va être dur - on s'habitue trop vite au confort! Séoul est une ville vraiment très agréable. Malgré le petit pincement au coeur quand nous quittons la Corée, je suis satisfaite de mon choix. Vivre en Chine aura été une expérience très riche et il me reste encore tant à y découvrir!





Rivière Han

dimanche 15 avril 2012

Le palais Gyeongbokgung

Dimanche, visite du Palais du Bonheur Resplendissent. Son architecture rappelle celle de la Cité interdite à Pékin. Pourtant, les couleurs ne sont pas les mêmes, les toits plus incurvés et davantage de place est accordée à la végétation. De très belles peintures décorent les appartements royaux. A l’arrière, un joli jardin abrite les pavillons privés des derniers souverains. Un petit étang agrémente l’ensemble. Les nombreux arbres en fleur apportent des touches de couleur, donnant un petit air charmant au palais.










samedi 14 avril 2012

Le 38e parallèle

Pour notre deuxième journée en Corée, nous décidons de nous joindre à un voyage organisé qui nous emmène au 38e parallèle. Au programme : visite d’un tunnel creusé par les Nord-Coréens afin d’envahir la Corée du Sud et du musée attenant, ascension d’une petite colline qui offre une bonne vue sur la zone démilitarisée et arrêt dans la première gare sur la ligne de chemin de fer reliant Séoul à Pyongyang.

DMZ pour "demilitarized zone"
Le guide nous explique qu’une zone de 2km a été libérée de part et d’autre de la frontière afin d’éviter que soldats nord-coréens et sud-coréens ne se fassent face, ce qui avait entrainé plusieurs incidents par le passé. La zone démilitarisée est maintenant le refuge de plusieurs espèces rares, un vrai écosystème s’étant développé grâce à l’absence de présence humaine. Le printemps n’étant pas encore arrivé dans cette région, c’est une forêt nue qui s’étend sous nos yeux. Au delà, un immense drapeau nord-coréen de 300kg fait face à celui, plus petit, de la Corée du Sud. On aperçoit également un complexe industriel construit par la Corée du Sud dans lequel travaillent de concert Nord-Coréens et Sud-Coréens. Ont-ils le droit de se côtoyer? on ne le sait pas. 
Vue sur la Corée du Nord (interdit de s'approcher du bord
avec l'appareil photo)
La ligne de chemin de fer sert pour l’instant uniquement à transporter les marchandises produites en Corée du Nord vers Séoul. Mais à la gare, un panneau d’affichage annonce le passage du prochain train et de nombreux sièges attendent les passagers qui ne viendront pas, laissant la salle d’attente de cette gare fictive vide.


Affiche dans la gare
A l’image des deux drapeaux se faisant face, les deux Corées s’observent avec méfiance. Je perçois dans le discours du guide et dans tout le musée une animosité et une rancune latentes. Au contraire de tout les musées des souvenirs de guerre que j’ai pu visiter, celui-ci me donne l’impression qu’au lieu de condamner la guerre, il la présente comme un mal nécessaire. Mes amies ont eu le même sentiment, on dirait donc bien qu’en parlant de paix, les Sud-Coréens préparent la guerre. Je pense être vivante le jour où les deux Corées ne feront plus qu’une, mais au vu du 38e parallèle, je me demande dans quelles circonstances la réunification aura lieu…



A quand l'unification?